J’ai une Greta Thunberg à la maison

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Leurs ados ont pris en main le bilan carbone de la maison : fini le plastique, la viande et l’avion. Récits de parents en classe de transition.

Par Publié aujourd’hui à 02h29

Temps de Lecture 8 min.

ANDI GÁLDI VINKÓ

La planète peut dire merci à la famille Lorrain. Dans la salle de bains de cette famille du 18arrondissement parisien, point de dentifrice en tube mais sous forme solide, dans une boîte rechargeable, avec brosses à dents en bambou. Aucun emballage plastique ne saurait franchir le seuil du foyer ; pour les courses, c’est Tupperware et sac en toile. A table, la viande est devenue rare et les flocons d’avoine remplacent avantageusement la levure chimique pour préparer les cookies. Toute la maisonnée s’est engagée dans un défi zéro déchet avec d’autres familles, un engagement pris sur cinq mois, évidemment renouvelables. Dernier acte de foi : depuis une semaine, la cour de l’immeuble accueille un lombricomposteur tout neuf. Bref, c’est un sans-faute.

« Prise de tête »

Issia Lorrain, 15 ans, l’aînée des deux filles, est la grande instigatrice de ce que Sandrine, sa mère, qualifie de « révolution familiale ». Membre de Youth for Climate, l’organisation dont la jeune militante suédoise Greta Thunberg est la figure de proue, cette élève en seconde au lycée international Honoré-de-Balzac, à Paris, choisit ses mots avec soin et s’exprime avec une belle facilité – elle s’est notamment fait remarquer en participant à « L’émission pour la Terre », mi-octobre sur France 2. A la maison, elle mène tambour battant la transition écologique de la tribu, portant un regard sourcilleux sur le contenu des courses afin d’en surveiller le conditionnement et s’assurer que l’ensemble est dûment estampillé bio.

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Elle exerce aussi un droit de regard très strict sur le programme des vacances afin d’en limiter au maximum le bilan carbone. Elle s’est vigoureusement opposée à un voyage prévu au Vietnam ; les quatre membres de la famille n’allaient tout de même pas ruiner leurs efforts quotidiens en s’en allant brûler du kérosène dans un avion long-courrier. Après de délicats pourparlers – une « prise de tête » dans le vocabulaire d’Issia –, les Lorrain ont décidé de se replier sur les plages de la Côte Vermeille, du côté de Cerbère (Pyrénées-Orientales). « J’ai dû être tolérante », convient la jeune fille.

« “On ne peut plus te dire non”, disent mon père et ma mère. A force de chercher les limites, on devient très doué pour les énerver. » Issia Lorrain, 15 ans

Issia est devenue militante de l’environnement en 2018, lorsqu’elle était en classe de troisième. Une prise de conscience aiguë qui a rapidement provoqué quelques tensions. « Cela a commencé quand j’ai décidé d’être végétarienne. Mes parents n’étaient pas pour », se souvient la lycéenne. Depuis, elle a poussé son avantage et entend continuer de « dire (ses) quatre vérités » autour d’elle, bien décidée à « ne rien lâcher pour faire changer (ses) parents ». « “On ne peut plus te dire non, disent mon père et ma mère. A force de chercher les limites, on devient très doué pour les énerver », lance-t-elle dans un grand éclat de rire.



Nguồn LeMonde

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